Date : Vendredi 16 octrobre 2020,         Heure : 13h00-16h00

Lieu : Salle A (ISDR BUKAVU)

Thème 1. Stratégie de production agricole résiliente face aux changements climatiques pour un développement de l’agrobusiness familial

Orateur : Dr CIRIMWAMI KASHANGABUYE Jean-Pierre, PhD, Enseignant à l’ISDR Bukavu.

Résumé

Depuis bientôt trois décennies, le secteur agricole a fait l’objet d’un accompagnement des acteurs de la vulgarisation agricole. Plusieurs d’entre eux pensent que désormais, les producteurs agricoles devraient s’engager dans l’agrobusiness fondé sur des produits de consommation de base. Le Sud-Kivu montagneux à l’Est de la République Démocratique de Congo a fait l’objet de la zone d’étude à cause des effets des changements climatiques, de la crise agricole et de l’insécurité alimentaire persistante au sein de la majorité des ménages. Cette étude a permis d’éclairer les acteurs et les scientifiques sur les facteurs socio-économiques et environnementaux du succès de l’agrobusiness familial sur la culture du haricot, du maïs, du manioc et de la pomme de terre. L’analyse des données officielles couplées à des données récoltées auprès des ménages a confirmé que les producteurs qui exploitent un minimum de 1ha peuvent faire de l’agrobusiness familial sur le haricot, le maïs, le manioc et la pomme de terre pour un marché à concurrence imparfaite. Le succès de l’agro-business familial a besoin d’une combinaison effective de cinq piliers : une plus forte implication de l’Etat depuis la production jusqu’à la commercialisation ; l’appui  du producteur sur les éléments retenus significatifs dans l’orientation entrepreneuriale ; l’ adoption des technologies de l’intensification agricole en tenant compte des recommandations de la recherche sur les mesures de résilience par rapport aux changements climatiques; le développement des chaînes de valeurs agricoles ; et enfin, une adhésion à la logique du warrantage et de la connectivité sur le marché.

Thème 2. La recherche sur le manioc au Cameroun de 2010 à 2019 : acteurs, programmes, résultats de recherche et innovations promues

Orateur : Guillaume KAMULETE MUTA, MSc, Enseignant à l’ISDR Bukavu.

Résumé

Cette étude porte sur l’analyse des acteurs, programmes et résultats de recherche ainsi que les innovations promues par cette recherche de 2010 à 2019. Les enquêtes qualitatives menées ont permis de faire le constat selon lequel de 2010 à 2019 les principaux acteurs de recherche sur le manioc étaient l’IRAD et l’IITA en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers. Les programmes de recherche sur le manioc exécutés durant cette période sont le PIDMA, le PNDRT, projet Manioc 21, projet C2D Manioc, Programme pionnier, le SAPEP, Europe-Aid, Projet GCP et Projet CRP-RTB. Ces programmes ont été exécutés dans un contexte politico-économique difficile caractérisés par la guerre de Boko Haram et les conflits armés au Nord-Ouest et Sud-Ouest mais également par la conjoncture économique difficile et l’augmentation de la pauvreté. Des innovations organisationnelles, techniques, incrémentales et institutionnelles ont été promues. Pour plus d’efficacité et d’efficience de la filière manioc au Cameroun, l’étude suggère le renforcement de la structuration de la filière manioc, la bonne gouvernance de la recherche agricole, l’accompagnement de la professionnalisation de l’agriculture pour inciter les jeunes à s’intéresser à l’agriculture et favoriser la prise en compte du genre dans la filière manioc.

Thème 3. « Pas juste une question de terre » : entre conservation et revendications complexes des Peuples Autochtones Batwa de la Haute altitude du Parc National de Kahuzi-Biega, Est de la RD Congo.

Orateur : Vedaste CITULI ALINIRHU, MSc, Enseignant à l’ISDR Bukavu.

Résumé:

Ce travail montre comment les idéologies écologistes et développementalistes impactent sur le territoire des peuples autochtones en RDC ainsi leurs conditions socio-économiques. Il se focalise sur l’Etude de cas des pygmées Batwa, expulsés du Parc National de Kahuzi-Biega, Est de la RDC et, habitant la Haute altitude de son hinterland. L’idée majeure était de savoir comment après expulsion, ces PA Batwa de la Haute altitude du PNKB accèdent aux ressources naturelles, les acteurs qui interviennent dans la répartition territoriale, le pluralisme juridique, les conflits qui en découlent ainsi que les différentes stratégies de résistances développées par les PA Batwa face aux autres acteurs.

Ainsi, malgré la prédominance de la location, l’achat et l’héritage sont actuellement les modes d’accès foncier par les PA Batwa de la Haute altitude du PNKB. Par ailleurs, l’accès aux ressources de la forêt leur est interdit mais usent des déverses stratégies frauduleuses. Certains s’approvisionnent en eau, sous peine, sur des bornes fontaines installés dans les villages Bantous et d’autres utilisent l’eau de rivière ou des sources non aménagées. Néanmoins, les divers acteurs recourent aux forums shopping et shopping forum dans la gestion de ces ressources naturelles. Ceci suscite des conflits entre acteurs et activent des stratégies de résistances qui impactent non seulement la cohésion sociale mais également sur la conservation de la nature.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *