Apropos

Angaza Institute est un Centre de Recherches et d’Analyse des Conflits et de la Gouvernance, situé à l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR-Bukavu), au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Cinq éléments sont au centre de l’identité de Angaza Institute.

La création d’Angaza Institute relève premièrement de notre devoir et responsabilité dans le cadre notre métier de chercheurs. Il a été question de structurer notre métier par la mise en place d’un cadre qui permet de penser de façon critique, de faire de la recherche, d’apprendre, de se/former, d’interagir et d’être utiles pour la science et pour la société. Nous sommes convaincus que nous contribuerons mieux à la production et à la communication des savoirs scientifiques à travers un cadre collectif interdisciplinaire composé de chercheurs engagés et enthousiastes.

Deuxièmement, Angaza Institute se place dans le sillage de la pensée afrocritique et dans une certaine mesure des études postcoloniales. La posture de l’afrocentricité traversera ses nombreuses réflexions dans le cadre des thématiques de recherche touchant sur les épistémologies africaines. Il est donc question de valoriser la pensée afrocritique dans l’explication des phénomènes sociaux. Il ne s’agit pas de se penser en dehors ou en opposition aux autres épistémologies, mais de les éprouver par les épistémologies dites du Sud afin de rendre plus intelligibles les réalités qu’elles tendent à expliquer. En mettant en exergue la posture de l’afrocentricité, nous traduisons une sorte de prise de conscience de notre rôle en tant que chercheurs du Sud et africains en particulier, de pouvoir restaurer, remettre la pensée africaine au centre de la production du savoir. Donc, il ne s’agit plus forcément de lire les réalités africaines, congolaises en particulier, simplement à partir des cadres des pensées, des cadres méthodologiques, théoriques et épistémologiques souvent dictés d’ailleurs et parfois déconnectés de la réalité. Il s’agit plutôt d’adopter une posture critique qui permet de produire du savoir à partir de la symbiose entre différents cadres de pensée.

En troisième lieu, Angaza Institute se distingue par son ancrage empirique. Il est question de réhabiliter la place du terrain dans l’explication des phénomènes sociaux. Le terrain doit être un élément central qui permet de rendre intelligibles les théories scientifiques. Nous donnerons beaucoup de place aux réalités empiriques, au quotidien des acteurs sociaux, à travers diverses méthodes de collecte de données.

Quatrièmement, Angaza Institute met au centre de son action le principe de réflexivité et d’éthique de la recherche. Dans la plupart de recherche, de formes d’engagements dans la science, il y a un certain nombre de sujets qui sont traités mais ne mettent pas le chercheur lui-même au centre des discussions. La recherche a souvent été perçue par certains comme une partie de plaisir, alors que les chercheurs rencontrent des multiples défis, émotions, difficultés qu’on ne peut pas lire dans les livres, dans les articles. On se limite à lire les résultats de la recherche, alors que celui qui produit ces résultats est lui-même confronté à des situations difficiles. L’élaboration de son protocole de recherche, l’accès au terrain, les conditions de sécurité, le processus de rédaction et de publication, le rapport de pouvoir qui gouvernent l’entreprise de la recherche, les défis sécuritaires et émotionnels, sont autant d’éléments qui méritent une attention.

Cinquièmement, Angaza Institute prône la Policy relevance de la recherche. En effet, l’université a trois missions : la rechercher, l’enseignement et le service à la société. Mais l’on s’est rendu compte qu’il y a une sorte de rupture avec la société. De plus en plus l’université s’est éloignée de la société, alors qu’elle est censée être au centre de la production des savoirs utiles à celle-ci.  Utiles parce que les idées, les conclusions, les résultats des recherches devraient éclairer l’action publique et les interventions des acteurs (OSC, secteur privé) dans le cadre de la mise en œuvre des activités. C’est pour cela que nous nous proposons de collaborer étroitement avec le monde social, politique et économique dans le cadre des recherches dont les résultats peuvent éclairer les interventions des acteurs publics et privés.

Vision

Notre vision s’articule autour de trois grands éléments. C’est ainsi qu’Angaza Institute vise à :

  • Etre un espace de croissance intellectuelle, d’apprentissage et de production scientifique
  • Reconnecter l’université avec la société: monde politique, social, recherche-action
  • Réhabiliter la pensée critique et l’analyse constructive

Mission

Contribuer à l’émergence d’une culture d’analyse et d’engagement critiques sur les problèmes de développement et de conflits dans la région des Grands Lacs d’Afrique.

Contribuer à l’amélioration des politiques publiques et des interventions d’acteurs non étatiques (privés, bailleurs de fonds et organisations de la société civile).

Objectifs

Pour atteindre sa mission Angaza Institute a sept objectifs :

Objectif 1. Mener des recherches pour documenter les problématiques liées aux ressources naturelles et leurs liens avec les dynamiques de développement et de conflits.

Objectif 2. Proposer des orientations méthodologiques et options politiques documentées aux décideurs, bailleurs de fonds et OSC (organisation de la société civile).

Objectif 3. Offrir un accompagnement scientifique de proximité, un espace d’apprentissage et d’échanges aux chercheurs.

Objectif 4. Accroître la visibilité des travaux des chercheurs.

Objectif 5. Offrir un appui administratif,  technique et éthique aux chercheurs.

Objectif 6. Promouvoir des stages de recherche aux chercheurs sur base des collaborations existantes

Objectif 7. Créer un cadre de réflexion et d’analyse sur les enjeux éthiques, émotionnels et sécuritaires de la recherche.

Axes de recherche

  • Gouvernance et conflits autour des ressources naturelles
  • Dynamiques politiques et sécuritaires
  • Enjeux et transformations du monde rural
  • Dynamiques urbaines
  • Éthique de la recherche